Aucune formalité n’est exigée pour former un couple vivant ensemble sans être marié, mais cette liberté s’accompagne d’une absence de droits automatiques en matière de succession ou de protection sociale. Les partenaires ne bénéficient ni du statut d’héritier légal, ni de la solidarité fiscale.
La loi ne prévoit pas de devoirs particuliers, sauf dans certains cas précis comme la déclaration de ressources pour certaines aides sociales. Les règles applicables diffèrent nettement de celles du mariage ou du PACS, entraînant des conséquences concrètes sur le plan patrimonial et fiscal.
Le concubinage, une forme d’union libre : définition et cadre légal
Le concubinage incarne l’union libre à l’état brut. Pas de passage devant un officier d’état civil, aucun cérémonial : deux personnes choisissent d’unir leur quotidien, voilà tout. Le code civil pose un cadre minimal, décrivant une vie commune stable et continue, sans imposer la moindre formalité administrative. Pas de contrat signé, pas de dossier à déposer en mairie : ce qui compte, c’est la réalité d’un foyer partagé, visible et assumé.
L’article 515-8 du code civil donne la définition du concubinage : une vie de couple stable et continue, entre deux adultes, quel que soit leur sexe, qui s’affichent ensemble. Ce lien ne crée pas de droits spécifiques ni d’obligations particulières, mais la loi le prend en compte, par exemple lors de la naissance d’enfants ou pour certaines démarches administratives.
Dans la vie courante, il arrive que les concubins doivent démontrer leur situation. Un bail commun, des factures à la même adresse ou une attestation sur l’honneur font souvent l’affaire pour prouver cette union libre auprès des administrations ou des organismes sociaux. Ce qui prime reste la vie commune : un foyer partagé et une relation stable, sans interruption volontaire notable.
Le concubinage ne touche en rien au statut civil des membres du couple. Chacun garde son nom, ses droits patrimoniaux, ses dettes. Cette liberté séduit de nombreux Français, attirés par la simplicité. Mais cette autonomie a un revers : sur le plan juridique, le couple reste vulnérable, sans filet de sécurité automatique.
Quels droits et obligations pour les couples non mariés ?
La vie en concubinage attire par sa flexibilité, mais cette souplesse s’accompagne d’une quasi absence de droits et devoirs du couple non marié comparables à ceux du mariage ou du PACS. Les concubins ne sont pas assimilés à des conjoints : chacun reste juridiquement indépendant. Il n’existe aucune obligation de fidélité, d’assistance matérielle ou de solidarité financière. La communauté de vie ne produit aucun effet civil automatique.
Le logement cristallise parfaitement cette différence. Si un seul nom figure sur le bail, seul ce concubin possède des droits sur le domicile. L’autre peut se retrouver sans recours en cas de séparation. Pour la protection sociale, le fait de vivre ensemble ne donne aucun accès à la qualité d’ayant droit sur la sécurité sociale du partenaire. Côté fiscalité, chacun remplit sa propre déclaration d’impôts : aucune solidarité pour le paiement de l’impôt n’est reconnue.
Sur le patrimoine, acheter un bien à deux impose d’organiser une indivision précise, faute de quoi la répartition des parts risque de devenir source de litiges. En cas de décès, la loi est ferme : le concubin survivant ne reçoit rien, sauf si un testament ou une clause bénéficiaire d’assurance vie a été prévu.
La naissance d’un enfant dans un couple non marié crée des droits et devoirs pour les parents, mais rien n’est prévu pour le partenaire. Le père doit reconnaître l’enfant pour établir la filiation. La liberté du statut s’accompagne ainsi d’une protection juridique très limitée pour les concubins.
Concubinage, PACS, mariage : quelles différences à connaître ?
Le droit français distingue nettement le concubinage, le PACS et le mariage. Trois cadres, trois façons de vivre à deux. Le concubinage joue la carte de la liberté : aucune démarche officielle, aucun contrat, aucune procédure à l’entrée ou à la sortie. La rupture se fait sans formalité, chacun reprend son autonomie sans intervention notariale.
Le PACS ajoute une touche de légalité à la vie de couple. Il s’enregistre à la mairie ou chez un notaire et engage les partenaires à une assistance matérielle mutuelle ainsi qu’à une certaine solidarité pour les dettes du quotidien. La rupture du PACS reste plus simple que le divorce, mais réclame tout de même une démarche formelle. Il ne crée pas de droits successoraux, mais permet une déclaration fiscale commune.
Quant au mariage, il demeure la forme d’union la plus encadrée et protectrice. Il s’accompagne d’une véritable communauté de vie et d’obligations réciproques : fidélité, solidarité financière, choix d’un régime matrimonial, droits successoraux, protection du conjoint survivant. La dissolution du mariage passe obligatoirement par une procédure judiciaire.
| Statut | Procédure | Droits successoraux | Fiscalité commune |
|---|---|---|---|
| Concubinage | Aucune | Non | Non |
| PACS | Déclaration mairie/notaire | Non | Oui |
| Mariage | Officier d’état civil | Oui | Oui |
Patrimoine, fiscalité et succession : ce qu’il faut anticiper en tant que concubins
Choisir le concubinage, c’est préférer la liberté à l’attachement juridique, mais aussi accepter l’absence de filet patrimonial. Les concubins restent, légalement, des étrangers l’un pour l’autre. Aucun droit successoral automatique, aucune solidarité fiscale permise. Lorsqu’il s’agit d’acheter un bien immobilier à deux, la vigilance doit être de mise : la part de chacun dépendra uniquement du montage retenu et du régime d’indivision mis en place.
Propriété : l’indivision, une solution fréquente
Voici les points clés à retenir sur l’indivision en concubinage :
- Si un bien est acheté ensemble, chaque concubin possède une part proportionnelle à son apport.
- En cas de séparation ou de décès, la revente du bien requiert l’accord des deux propriétaires ou de leurs héritiers.
Concernant la fiscalité, les concubins effectuent deux déclarations distinctes de l’impôt sur le revenu et ne bénéficient pas du quotient familial. Pour ce qui touche à la succession, la règle est claire : sans testament ou clause d’assurance vie, le survivant n’a droit à rien. Dons ou legs sont possibles, mais le fisc frappe fort : 60 % de droits de mutation sur les biens transmis en dehors de l’assurance vie.
L’assurance vie peut se révéler précieuse pour transmettre un capital hors succession, dans la limite des plafonds légaux, et avec une fiscalité allégée sous certaines conditions. Attention cependant à la part réservée aux héritiers, qui limite ce que l’on peut transmettre librement à son partenaire. Anticiper, consulter un notaire et réfléchir à sa stratégie patrimoniale s’impose pour éviter les mauvaises surprises et se prémunir contre les coups durs.
En France, la liberté du concubinage séduit, mais n’offre aucune garantie automatique. Un choix de vie qui réclame vigilance et anticipation pour ne pas se retrouver à découvert, au propre comme au figuré.


